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Au-dessus de tout soupçon

Lors de sa campagne présidentielle, le candidat François Hollande avait fait savoir, haut et fort, qu'il ne souhaitait s'entourer d'aucune personne ayant eu affaire avec la justice. On se serait dit, tiens, un futur casse-tête pour le futur président une fois élu.

L'élection passée, il a donc nommé un premier ministre, au-dessus de tout soupçon, M. Jean-Marc Ayrault, l'ancien maire de Nantes. Peut-être certains se rappelleront d'une condamnation en 1997 pour favoritisme. Une sorte de discrimination positive ? Pas vraiment, il s'agissait alors de favoriser une entreprise pour l'obtention d'un contrat sous la couverture d'un appel d'offre, où les postulants n'avaient pas la même égalité des chances. Ce qui valu au condamné, 6 mois de prison avec sursis (ouf) et 30.000 francs (4600 euros) d'amende. Sans faire, appel, 10 ans plus tard, grâce à une disposition du code pénal, ce qui était inscrit au bulletin n°1 du casier judiciaire est effacé automatiquement, et rend alors condamnable, ceux qui oseraient en faire état. Bien que légèrement modifiée depuis, cette disposition a permis à Jean-Marc Ayrault de ne pas être un repris de justice, cette erreur de jeunesse (commise à 47 ans) ayant disparu.

Alors que le 19 mars 2013, Jérôme Cahuzac, ministre délégué au budget remettait sa démission, pour se défendre alors qu'une enquête préliminaire s'ouvre sur la possession de comptes bancaires en suisse qui pourraient lui avoir appartenues, Arnaud Montebourg, lui, est toujours en poste, malgré sa condamnation effective dans un procès pour injure publique au sujet de propos qu'il avait tenu envers les dirigeants de SeaFrance.

Laurent Fabius, actuel ministre des affaires étrangères, que de mauvaises langues diraient (comme pour d'autres prédécesseurs) pas nécessairement étranger aux affaires, a lui aussi frôlé la correctionnelle, accusé "d'atteintes involontaires à la vie ou à l'intégrité physique des personnes" dans l'affaire du sang contaminé, alors qu'il était premier ministre au moment des faits il avait alors été relaxé. Son fils Thomas, lui, par contre, a bien été condamné en 2011 à 15.000 euros d'amende pour avoir détourné des fonds pour un montant de 90.000 euros, mais ouf, il n'est pas au gouvernement.

Dans le proche entourage du président Hollande, on trouvera aussi un homme discret, du moins en public, il n'est pas ministre, seulement fils de. Condamné pour trafic et consommation de stupéfiants il dirige le service audiovisuel de l'élysée. Autrement dit, s'il y en a un qui a en charge de montrer Hollande comme celui qui sauvera la France, c'est lui. C'était déjà lui qui avait eu en charge la communication lors de la campagne du candidat socialiste durant la présidentielle de 2012. Au cas où vous voudriez vraiment connaitre son nom il s'agit d'André Loncle.

Vous me direz sans doute que ce dernier n'est pas ministre, c'est exact, mais pour reprendre l'interview donnée dans l'entre-deux-tours par François Hollande au JDD, où ce dernier avait affirmé : "Je n’aurai pas autour de moi à l’Élysée des personnes jugées et condamnées." il apparaît clairement que l'exemplarité qu'il voulait afficher a déjà du plomb dans l'aile, et que ce n'est peut-être pas là-dessus, qu'il pourra tenter de rebondir dans les enquêtes d'opinion qui le donne mois après mois de moins en moins populaire. Mais rassurons-nous, il ne devrait pas descendre en dessous de 0% d'opinion favorable.

Il a été mis là parce qu'il est nul

A propos de zéro, ou de nul, cela me fait penser au qualificatif attribué par Eric Zemmour samedi dernier sur le plateau d'On N'est Pas Couché au premier secrétaire du parti socialiste, Harlem Désir.

Samedi soir, quand l'écrivain et journaliste politique Eric Zemmour parle d'Harlem Désir, il ne tergiverse pas en traitant ce dernier de nul. Et en ajoutant que c'est pour cette raison-là, qu'il a été désigné pour remplacer Martine Aubry. Au moins, il est nul, il n'emmerdera pas Hollande.

C'est en revenant de la Manif Pour Tous (article à suivre) qui s'est déroulée sur l'avenue de la Grande-Armée (et autour) que j'ai appris la "fâcheuse" phrase de Mélenchon sur Moscovici : "C'est un comportement de quelqu'un qui ne pense pas français, qui pense finance internationale". Le genre de phrase qui ne m'émeut pas plus que ça, venant du leader du Front de Gauche, qui s'anime volontiers lorsqu'il fustige les banques, la finance internationale... sauf que, sur cette sortie, Harlem Désir, qui était en "manque de visibilité médiatique" (comme on dit pudiquement) a cru bon d'y voir là, une infâme attaque antisémite envers Moscovici (dont on apprend du coup sa confession). Ce qui est amusant, c'est de voir Mélenchon accusé comme le serait un vulgaire membre du parti politique qu'il aurait voulu mettre dehors à Hénin-Beaumont lors des dernières législatives. Cela démontre surtout l'ouverture d'esprit du Parti Socialiste, très ouvert quand il s'agit du sociétal, de la casse des modèles "refuges" en temps de crise comme l'est la famille, mais très fermé dès que quelqu'un ne suit pas la même ligne qu'eux.

Concernant le haut-le-coeur qui émeut le PS sur les propos de Mélenchon, on peut aussi en déduire, qu'il ne faut pas attaquer la finance internationale. Ceux qui pensaient le PS proche du prolétariat, en seront quitte pour revisionner les discours de Hollande à la City de Londres.

Pendant ce temps, sur le réseau social Twitter on raille Harlem Désir en feignant une équation où Harlem Shake > Harlem Désir, une sorte d'ordre de valeur qui forcément déplaît à gauche à un moment où le premier secrétaire socialiste sortait enfin de sa léthargie, pour aboyer sur Mélenchon. Mais a qui aboiera le plus fort, pas sûr que Désir y gagne.

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